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L’historiographie
insiste sur l’origine princière de la
réforme en Béarn, Navarre, Bigorre,
Albret et autres territoires relevant à titres divers de la
couronne de
Navarre. Le rôle de Marguerite
d’Angoulême, sœur de François
Ier, épouse
d’Henri d’Albret, roi de Navarre favorable aux
idées évangéliques est
indéniable. Elle apporta son soutien à son
aumônier Gérard Roussel, ancien
membre du groupe de Meaux, promu à
l’évêché d’Oloron
de 1536 à 1555. Il tenta
d’établir dans son diocèse une
réforme pastorale et théologique en attendant
qu’une solution conciliaire vienne au secours d’une
catholicité en détresse.
Cet auteur d’une messe en sept points, mis en cause par la
faculté de théologie
de Paris, tout comme se protectrice ne quitta toutefois jamais le giron
de
l’église catholique malgré les
injonctions de Calvin. Si Henri II d’Albret,
décédé en 1555, ne donna pas suite aux
nouveautés religieuses, son gendre
Antoine de Bourbon et plus durablement sa fille Jeanne
s’engagèrent en faveur
d’une réforme et la firent progresser au rythme
des guerres qui agitaient la
France. Le futur Henri IV, né en 1553, assistera et
participera à
l’évolution religieuse de sa mère. Il
convient toutefois de noter que la
législation religieuse s’est appuyée
sur un groupe de personnes convaincues des
idées nouvelles qui pénétraient le
Béarn comme de nombreuses autres contrées
à
l’occasion des échanges économiques
mais également lors d’échanges
familiaux,
intellectuels.
Jeanne
d’Albret prend symboliquement la cène à
Pau à la Noël 1560 et, par l’ordonnance
de Nérac de 1561, autorise le culte
réformé dans ses États sous un
régime de simultaneum.
Après le décès de son mari
en 1562, elle est seule souveraine. Les méthodes trop
brutales de Jean
Reymond-Merlin, envoyé par Calvin pour l’aider
dans la réformation de ses États
la conduisent en 1564, alors que la paix religieuse est revenue en
France à
l’issue de la première guerre française
de religion, à se tourner vers le
courant modéré inspiré par
Jean-Baptiste Morely. C’est à partir de 1566
qu’elle
renoue avec Genève et accueille une figure
emblématique de la Réforme, Pierre
Viret, le célèbre réformateur de
Lausanne, pour établir une église sur le
modèle genevois dans le Béarn. Alors que Jeanne
d’Albret tient sa cour à La
Rochelle avec les Coligny et Condé au cours de la
troisième guerre, et rêve
peut-être d’une grande principauté
aquitaine réformée, le Béarn est
envahi au
mois de mai 1569 sur l’ordre de Charles IX par le vicomte de
Terride qui reçoit
le support de gentilshommes catholiques béarnais et
navarrais, mécontents de la
politique religieuse de leur souveraine ; Pierre Viret est
prisonnier à
Pau ; sept pasteurs y sont exécutés. Une
armée de « secours »
commandée par le vicomte de Montgomery chasse en
août les occupants et dégage
la place forte de Navarrenx qui seule avait
résisté. L’unique guerre de
religion que connut le Béarn donne ainsi
l’occasion à Jeanne d’Albret de
parachever sans obstacle son œuvre de
réformation : le culte catholique
est interdit, les prêtres sont bannis et les biens
d’église confisqués pour
financer le nouveau culte. Par ses fameuses ordonnances
ecclésiastiques de
novembre 1571, Jeanne d’Albret transforme le Béarn
en principauté calviniste
sous le régime de la confession de foi de La Rochelle.
Cet
aboutissement institutionnel est très vraisemblablement le
fruit des réflexions
de la cour de Navarre à La Rochelle, préfigurant
les ambitions françaises du
parti protestant avant que la Saint-Barthélemy et la
constitution de la Ligue
ne mettre un terme à ses espoirs.
L’académie d’Orthez,
créée en 1567,
transformée en université en 1583,
dirigée entre autre par de grands noms
comme Nicolas des Gallars ou Lambert Daneau, a pour objectif de former
les
élites administratives et religieuses local.
Un système d’assemblée permet de
diriger une église sans évêques dont
les
frontières correspondent avec celles de la
souveraineté. Les
biens ecclésiastiques confisqués sont
gérés sous le contrôle de
l’Etat pour
alimenter les salaires des pasteurs, l’entretien des
bâtiments et le fonctionnement
de l’académie. Si la réforme
béarnaise est d’inspiration francophone, la langue
locale devient le véhicule de la nouvelle
confession ; en 1583 le pasteur
Arnaud de Salette publie à Orthez une traduction
béarnaise des Psaumes, ainsi
que du catéchisme et des prières
ecclésiastiques de Genève. Pierre Viret
décède
au début de 1571 et Jeanne succombe en juin de
l’année suivante.
Malgré
l’abjuration du jeune Henri lors de la
Saint-Barthélemy, le Béarn demeure
principauté calviniste notamment sous la régence
de sa sœur, Catherine de
Bourbon. Ses finances permettront d’alimenter les guerres
d’Henri revenu au
protestantisme en 1576. Le catholicisme n’y sera que
ponctuellement rétabli en
1599 par l’édit de Fontainebleau, pendant local de
l’édit de Nantes. Il faut
attendre l’union du Béarn à la France
imposée par l’expédition militaire de
Louis XIII en 1620 pour que le catholicisme soit pleinement
rétabli dans son
culte et dans ses biens. Dans les années qui suivent, le
Béarn dont les
protestants sont majoritairement légalistes, ne participe
pas aux guerres dites
de M. de Rohan qui pourtant avaient été
déclenchées en partie par ces
événements. La restitution des églises
jusqu’alors utilisées pour le culte
protestant, provoque une vague de construction sans égale de
temples,
vraisemblablement sur un mode absidial comme en témoigne un
dessin représentant
celui de Pau ou les vestiges de celui
d’Arthez-de-Béarn,
irrémédiablement
endommagé en 1998.

Il
a été parlé
d’échec de
l’expérience calviniste béarnaise. Il
convient
toutefois
de relativiser cette expression car si un trop court
demi-siècle
de support de
l’État n’a pas permis à la
nouvelle religion
de s’implanter durablement dans
une grande partie de la principauté, elle se maintient
majoritairement dans le
secteur d’Orthez et de Salies-de-Béarn. La fin de
l’indépendance joua également
sur la religion des élites, dont une partie se rallia
à
la religion du
souverain. Le pays eut enfin à souffrir plus tôt
qu’en France et de manière
exsemplaire des persécutions institutionnelles du
règne
de Louis XIV : un
édit de 1668 y réduisit à vingt le
nombre des
lieux de culte. Ce nombre fut
ramené à cinq en 1685 ; les dragons de
l’intendant Foucault qui venait de
se rendre tristement célèbre en Poitou
poussèrent
les églises béarnaises à la
conversion collective. Un nombre non négligeable de
départs pour l’Angleterre
ou la Hollande témoignent d’un esprit de
résistance.
Les
premiers temps du Désert furent difficiles en
Béarn, et
les premières
assemblées cruellement
châtiées ; Claude
Brousson après un séjour à Pau
fut arrêté alors qu’il
s’apprêtait
à quitter Oloron en 1698, transféré
à
Montpellier où il fut roué sur ordre de
l’intendant
du Languedoc Lamoignon de
Bâville qui l’avait inlassablement poursuivi. Les
protestants béarnais adoptent
alors un profil bas, ne suivront pas la révolte camisarde et
ancrent leur
résistance dans le culte familial, appuyé sur la
structure forte de l’ostau
pyrénéen. Cette piété,
encouragée
par Jean Destremau depuis la Hollande est entretenue par des
écrits qui
circulent sous le boisseau, copies de sermons, de prières,
de traités de
théologie ou de controverse, et renouvelée par
des livres envoyés dans des
ballots de marchandises par des parents réfugiés
en Angleterre.
La
présence d’un prédicant,
vraisemblablement de tendance morave, signalée à
la
fin des années 1740 pousse Paul Rabaut à envoyer
un pasteur pour redresser les
églises du Béarn selon le modèle
défini par Antoine Court au début du
siècle. Etienne Defferre, originaire de Gallargues près de
Nîmes, arrive en Béarn en
1755 et accomplit spectaculairement sa tâche en moins de deux
années :
assemblées tenues au grand jour,
célébration de baptêmes et mariages,
création
de consistoires. Il sera rejoint en 1757 par Paul Journet, originaire
des Cévennes,
puis par Paul Marsoô, seul pasteur béarnais
à cette époque. La communauté
orthézienne est bien encadrée par une bourgeoisie
influente et ouverte aux
Lumières qui joue de ses relations pour la
protéger notamment lorsque les
entreprises du parlement de Navarre se font trop pressantes ;
elle
entretient une correspondance suivie avec Court de Gébelin
en faveur de la
reconnaissance civile des protestants.
Néanmoins
cette période n’est pas sans ombre. Le
réveil protestant attire les foudres du
clergé local qui pousse les autorités civiles
à une répression par grandes
vagues en 1758, 1760-1762, 1766-1767. Sur la base d’un accord
conclu avec
l’intendant en 1767, les protestants béarnais
substituent aux grandes
assemblées trop voyantes, des réunions dans des
granges. Leur transformation
rapide en « maisons
d’oraison » provoque la
dernière dragonnade de
1778. Ces temps, certes glorieux, montrent néanmoins une
communauté en baisse
démographique, incapable de prosélytisme et
contaminée par le malthusianisme
ambiant. Enfin, le protestantisme se divise en deux tendances qui
annoncent les
divergences doctrinales du siècle suivant. A un courant plus
urbain inspiré par
les Lumières et la franc-maçonnerie,
représenté par le pasteur Louis-Victor
Gabriac arrivé
en 1784, s’oppose une
piété plus rurale, plus traditionnelle et
évangélique incarnée par Paul
Marsoô
qui sera d’ailleurs interdit d’exercice du
ministère en 1805, à la création de
la Consistoriale d’Orthez.
Si
l’édit de 1787 reçoit un accueil
mitigé, la Révolution abordée avec
enthousiasme permet à Orthez la première
réédification d’un temple en France,
dédicacé le 25
novembre 1790 ; il porte sur sa
façade « Temple consacré
au culte des chrétiens
évangéliques ». Cependant en
1793 l’église est
désorganisée, le temple transformé en
écurie ; les Béarnais se replient
à
nouveau sur le culte familial.
Napoléon Ier
rétablit le protestantisme dans
une liberté légale au même titre que
catholicisme et judaïsme (Articles
Organiques, décret de Germinal An X).
Mais, si les
pasteurs sont payés par l'État, les synodes
nationaux n'existent plus. Ainsi,
après la clandestinité, après
l'étouffement de la Terreur, ce sont 5 000
protestants environ qui forment la Consistoriale d'Orthez.
Ce
qui caractérise le protestantisme béarnais au XIXe
siècle, c'est
d'une part l'exubérance des tendances, d'autre part l'exode
de ses membres et
enfin, le surgissement des "Œuvres". Plus que partout
ailleurs, en
Béarn il faut parler de protestantismes au pluriel : celui
du Réveil marqué par
un retour à la tradition calviniste, conduit par le Vaudois
Henri Pyt à Bayonne
(1820), par Jacques Reclus à Orthez (1830), par J.-L.
Buscarlet à Pau (1850) ;
celui de l'héritage des années difficiles
marqué par les Lumières qui,
lentement et difficilement poursuit sa
réintégration dans le paysage religieux,
contré par un anti-protestantisme sourd mais efficace
dirigé par l'évêque de
Bayonne. N'oublions pas les Anglicans et les Presbytériens
anglais et écossais
bien implantés depuis la fin des guerres
napoléoniennes, et sont bien plus
nombreux au milieu du siècle que les protestants
français. Il convient enfin de
citer le groupe darbyste venu grignoter les franges du librisme dans
les années
1850. J.-N. Darby qui avait vraisemblablement fondé son Eglise à Pau prônait
une organisation plus égalitaire, sans pasteurs, qui a pu
séduire une partie de
la communauté qui avait vécu de la sorte,
notamment dans le monde rural, durant
toute la période du Désert.
Le
peuple protestant béarnais est violemment
perturbé dans ses éléments
majoritaires
par l'exode rural. De 1880 à 1890, 10 % émigrent
vers les pays de la Plata, ou
simplement à Orthez, Pau, Bordeaux, Paris. La
nuptialité rare et tardive
accentue le phénomène. En revanche la population
protestante urbaine connaît un
essor remarquable : formée de descendants de
Huguenots, de protestants
alsaciens refluant après 1870, de nouveaux protestants issus
d'une population
catholique délaissée, de malades venant de
partout, les pasteurs qui la
dirigent ont une forte personnalité : Alphonse Cadier,
recréateur vigilant et
opiniâtre de la paroisse de Pau, Émilien Frossard
à Tarbes et dans les stations
thermales des Pyrénées, Jacques Reclus, pasteur
tourmenté et intransigeant du
troupeau libriste, Félix Pécaut, inventeur d'une
morale laïque et créateur de
l'éducation nationale. En fait, ce sont les
"Œuvres" qui regroupent
et soudent ce peuple protestant, toutes tendances confondues. Les
temples
sortent de terre (23 de 1813 à 1906) ; les écoles
ouvrent à Pau, Orthez,
Bellocq, Sauveterre, Osse-en-Aspe jusqu'à l'ouverture des
écoles laïques. Dès
1859, les mouvements de jeunesse – UCJG, UCJF à la
campagne, scoutisme à Pau -
dynamisent les
adolescents (y compris les catholiques).
Toujours
dans un souci éducatif, le journal le Protestant
béarnais est lancé en 1882, et en 1899
le pasteur d'Orthez, Jean Roth, crée l'Avant-Garde
ouvrant la voie à la
tradition du christianisme social. Les bibliothèques de
paroisse se multiplient
et ouvrent leurs portes jusqu'à 10 h
le soir.
Le
troisième front d'unité est celui de
l'évangélisation et des missions. En 1850
est créée la Société
d'Évangélisation du Béarn qui
œuvre en
Bigorre, dans les
Landes, en Pays Basque, auprès
des
Bohémiens et des Juifs. L'Église libre
s'intéresse aux Aragonais des environs
de Pau (pasteurs Malan et Pozzi). Une commission spéciale
pour l'évangélisation
des Espagnols prend en charge le pasteur de Madrid, envoie des secours
aux
missions de Mahon et d'Oran. Joseph Nogaret, pasteur de Bayonne, prend
sous sa
responsabilité le travail missionnaire de Manuel Matamoros
et crée une école
d'évangélistes espagnols (1855).
Eugène Casalis, d'Araujuzon, part en 1832 pour
le Lessouto.
Le
XXe siècle est inauguré
par la loi dite de séparation de l'Église et
de l'État (déc. 1905) et la formation
d'associations cultuelles. Or, d'une part
l'action commune de tous les protestants dans les "Œuvres" a
soudé la
communauté, d'autre part dans la mesure où
l'essentiel du patrimoine cultuel
est déjà construit et où les
écoles protestantes n'ont plus de raison d'être
(avec la communalisation), le régime d'association cultuelle
est bien accepté.
Parallèlement, l'effort
d'évangélisation se structure : Oloron en devient
le
centre dès 1908, et Albert Cadier et son successeur Jacques
Delpech créent la Mission
Française
du Haut Aragon.
La
Première guerre mondiale a désorganisé
la présence anglicane et presbytérienne
qui s’était considérablement
développée dans la seconde moitié du
XIXe
siècle et qui avait marqué l’espace
urbains de nombreuses constructions à Pau,
Bayonne, Biarritz, Anglet et Cauterets. Toutes les tendances sont
représentées,
les presbytériens écossais plus proches
théologiquement des protestants
français et toutes les nuances de l’anglicanisme
de la
Low Church à la High Church
et même le
mouvement d’Oxford des catholiques anglais. En 1922, Christ
Church est acquise
par la seule communauté française
(église de la rue Serviez
actuellement). La Seconde guerre mondiale achève ce
départ : St-Andrew demeure
à Pau le seul lieu de culte. Si l'activité
missionnaire en Espagne est entravée
par la guerre civile (1936-1939), Jacques Delpech continue à
agir de Genève,
puis de Paris et les équipiers de la CIMADE travaillent au
camp de Gurs à
sauver Juifs et Espagnols des camps d'extermination.
A
partir de 1945, les églises protestantes doivent
résoudre de nouveaux problèmes
: la baisse de fréquentation des cultes, l'exode des jeunes
adultes vers les
centres universitaires (malgré la création d'une
université en 1968) ne
permettent plus un bon encadrement de la jeunesse. La
communauté
présente désormais un double visage :
aux éléments traditionnels du fonds
huguenot se mêlent des éléments de
passage attirés notamment par le travail de
l'industrie pétrolière. Elle crée des
maisons de retraite et un Centre
Rencontre et Recherche avenue Saragosse à Pau. Celui-ci,
pendant une vingtaine
d'années a été le lieu de
débats culturels, religieux, politiques très
fructueux pour l'ensemble de la population de la capitale
béarnaise. Soucieuse
également de maintenir son identité culturelle et
patrimoniale, elle créée un
Centre d'Étude recueillant les documents protestants depuis
le XVIe
siècle à Pau en 1987, le Musée
« Jeanne d’Albret, histoire du
protestantisme béarnais » à
Orthez en 1995).
Suzanne
Tucoo-Chala, Philippe
Chareyre

Historical studies emphasize the importance of
princely influence on the Reformation in Béarn, Navarre, Bigorre, Albret and other territories
belonging to the crown of Navarre.
No-one can deny the part played by Marguerite d’Angoulème, sister of François
1er, whose husband Henri d’Albret, King of Navarre, favoured the evangelical
ideas behind the Reformation. She supported her chaplain, Gerard ROUSSEL, a
former member of the Meaux Group, who was Bishop of Oloron,
1536-1555.Throughout his diocese, he tried to bring about a pastoral and evangelical reform, while hoping for a
papal decision which would resolve the crisis within the Catholic faith.
ROUSSEL, author of a seven-point liturgy attacked by the Paris theological faculty, followed the
example of Queen Marguerite, and never left the Catholic Church, thus defying
Calvin’s instructions. Henry II of
Albret, (d. 1555), did not follow up the new religious practice, but his
daughter Jeanne d’ALBRET and her husband, Antoine de BOURBON, energetically
promoted it during the religious wars which tormented France, and their son,
the future King Henry IV of France, Henry III of Navarre, (b.1553), took part
in his mother’s religious change of heart. However, it should be noted that the
new legislation was supported by a group of people very favourable to these
ideas, who infiltrated Béarn and many other regions in the course of
commercial, family and intellectual exchanges.
Jeanne d’ALBRET symbolically took the Protestant
communion at Christmas 1560 at PAU,
and by her decree at NERAC in 1561, authorised the Reformed service at all
churches in her states, under the regime of the “simultaneum”, the two faiths
sharing the same building. After her husband’s death in 1562, she became
sovereign. Disagreeing with the brutal methods of Jean Reymond MERLIN, who was
sent by CALVIN to help her reform her states after the end of the religious
wars in 1564, Jeanne turned towards the moderate movement inspired by
Jean-Baptist MORELY. From 1566 onwards, she renewed her Genevan contacts, and
invited a famous Refomation leader, Pierre VIRET of LAUSANNE, to establish a church in Béarn
based on the Genevan model.
During the third Religious War, while Jeanne was at
La Rochelle with her court and the great
Protestants, the COLIGNY and CONDE families, possibly planning a great
Protestant princedom in Aquitaine,
Béarn was attacked in May 1569. Charles IX of France ordered Viscount
TERRIDE to invade, supported by Béarnese and Navarrese Catholic nobles, who
were discontented with Jeanne’s
religious policy. In 1566, she renewed her Genevan contacts and invited a
famous Reformation figure, Pierre VIRET of Lausanne, to establish a church in Béarn,
modelled on the Genevan one. While Jeanne was at La
Rochelle with her court, during the 3rd War of Religion,
she was possibly planning with the great Protestant families COLIGNY and CONDE,
to create a Protestant principality throughout Aquitaine,
but Béarn was attacked by France
in May 1569. Charles IX of France
ordered Viscount TERRIDE to invade, supported by Catholic local gentry who were
discontented with Jeanne’s religious policy. Pierre VIRET was imprisoned at Pau, and seven ministers
were executed there. A Protestant
task-force, led by Viscount MONTGOMERY, hunted out the Catholics in August, and
cleaned up the fort of NAVARRENX which was the only place to resist.
This, the only religious war in Béarn, gave Jeanne
the opportunity to complete her reform: the Catholic rite was forbidden, its
priests were banished, and Church property was confiscated. By her famous
Ecclesiastical Decrees in November 1571, Jeanne transformed Béarn into a
Calvinistic principality, under the regime of the La Rochelle Confession
of Faith. This organisation was probably the fruit of discussions within the
Court of Navarre during its stay at La
Rochelle, and prefigured the ambitions on a national
scale, of the Protestant Party. These plans were frustrated by the St.
Bartholomew Massacre and the creation of the Catholic League.
The ORTHEZ
Academy, founded in 1567,
became a university in 1583, and was presided by such brilliant personalities
as Nicolas des GALLARS or Lambert DANEAU, whose function was to train future
members of the local and administrative governing classes. A church led by assemblies rather than
bishops, may be organised within the political boundaries of the country,
rather than dioceses. The confiscated church properties were state-controlled
and financed the ministers’ salaries, the upkeep of buildings and the Academy.
Although the Bearnese Reformation was originally
francophone, the new religion was transmitted in the native tongue, and in
1583, Arnaud de SALETTE published in Orthez a Bearnese (Occitan) version of the
Psalms, the Catechism and the Genevan prayer-book.
Pierre VIRET died in 1571, and Jeanne the following
year, but Bearn remained a Calvinist principality, in spite of the young King
Henry’s abjuration after the St. Bartholomew Massacre, especially during the
regency of his sister, Catherine de
Bourbon. She helped to finance Henry’s wars when he returned to Protestantism
in 1576. The Catholic faith was authorised for a time by the Edict of Fontainebleau
in 1599, a
local addition to the Edict of Nantes. It was only in 1620, when Louis XIII
annexed Bearn to the kingdom of France
by a military expedition, that the Catholic Church was fully re-established in
its religious practice and its properties. During the following years, Bearn, where Protestants
were mostly legalist, did not join in the wars “of M. de Rohan”, partly caused
by these events.
This restitution of churches hitherto used for the
Reformed service, created an urgent need to build Protestant churches, probably
on an absidial plan, as shown in a drawing of a church at Pau and the ruins of
the Arthez church, completely destroyed in 1998.
The Bearnese Calvinist experiment has been called a
failure. However, this judgement is too severe, for although a short period of
fifty years of state support did not leave a long-lasting implantation of the
new religion in the greater part of the principality, its members remained a
majority around ORTHEZ and SALIES-DE-BEARN. The end of independence attached the
elites to the French sovereign’s religion. Indeed, Bearn
suffered earlier than France
from Louis XIV’s persecution, and in 1668 an Edict reduced to twenty the places
of worship. This number was reduced to five in 1685, and Intendant Foucault’s
Dragoons, whose infamous conduct in Poitou was
well-known, forced collective conversion in all the Bearnese churches. A spirit
of resistance forced many Protestants to flee to England
and Holland.
The beginnings of the “Desert”, or Wilderness in Bearn were difficult,
and the first assemblies cruelly punished. Claude BROUSSON, after a stay at Pau, was arrested when about to leave Oloron in 1698,
transferred to Montpellier
where he was condemned to the wheel by order of the Intendant of Languedoc,
LAMOIGNON DE BAVILLE, who had relentlessly pursued him. The Bearnese
Protestants kept a low profile and did not join the Camisard rebellion in Languedoc. They resisted
by practising their religion within the “ostau”(house), or enlarged family
tradition, very strongly established in the Pyrenees.
This homely piety, encouraged by Jean DESTREMAU in Holland,
was backed up by clandestine publications, printed sermons and prayers,
theological or controversial writings, and new books hidden in trading goods,
sent by relatives exiled in England.
Towards the end of the 1740s, a travelling
preacher, probably of the Moravian movement, came to Bearn, and this prompted Paul RABAUT to send
a pastor to bring the Bearnese churches into line with the model defined at the
beginning of the century by Antoine COURT de GIBELIN. Etienne DEFERRE, from
Gallargues near Nimes,
arrived in 1755 and in the space of two years obtained some outstanding results: open celebration of
religious assemblies, baptisms, weddings, and the creation of the consistorial
system. In 1757 he was joined by Paul JOURNET from the Cevennes, and finally by Paul MARSOO, the
only Bearnese pastor at the time.
The Orthezian Protestant community was helped by an
influential group of open-minded bourgeois families, who obtained protection
from powerful friends when the Parliament of Navarre became too interfering,
and their close correspondence with Antoine COURT DE GEBELIN brought about
civil rights for the Protestants.
Nevertheless, this period was not without its
shadows. The Protestant Revival drew the fire of the local clergy, who pressed
the civil authorities to clamp down on Protestants in 1758, 1760-62, 1766-67. On agreement with
the Intendant in 1767, the Bearnese Protestants held small meetings in barns, instead
of the great open-air meetings. The barns rapidly became “meeting-houses”,
which provoked the last “dragonnade” (military attack by the Royal Dragoons),
in 1778.
It may be noticed that, during this time, despite
its heroism, the community could not proselytise, and its demography
diminished, because of the influence of Malthusian doctrines. Finally, French Protestantism
began to diverge into the two doctrinal tendencies which marked the following
century.
Thus, an urban movement inspired by the
philosophers of the “Enlightenment” (Voltaire etc), and by Freemasonry,
introduced by the Pastor Louis-Victor GABRIAC in 1784, was opposed by a rural
traditional piety, led by Paul MARSOO, later forbidden to exercise his ministry
in 1805, when the Consistory of ORTHEZ was created.
In 1787, Louis XVI proclaimed an Edict of
Tolerance, less enthusiastically welcomed than the 1789 Revolution, which
allowed the Orthezian Protestants to build the first new Protestant church in France since
the Reformation, dedicated on the 25th November 1790, and
whose porch bears the inscription: “Church consecrated to the service of
Evangelical Christians”. However, during the Reign of Terror in 1793, the
community was disorganised, the building used as a stable, and the Bearnese
went back to their family worship.
Napoleon 1st re-established religious
freedom, for Catholics, Protestants and Jews, in the Germinal Decree, Year X of
the Revolution = 1799. But, whereas the
ministers were state-salaried, the Protestant National Synods were abolished.
So, after years of clandestinity and the
Reign of Terror, only about 5.000 Protestants remained to form the Orthez
Consistory.
The characteristic signs of 19th C.
Protestantism were the vitality of its tendencies, the exodus of its members,
and the rise of the movement of Works (rather than piety). In Bearn, more than anywhere else, it is
important to distinguish between the different forms of Protestantism. On one
hand, the Revival, a return to the Calvinist tradition, headed by the Swiss
Vaudois Henri PYT at Bayonne in 1820, by Jacques RECLUS at Orthez
in 1830, and by J-L. BUSCARLET at Pau in 1850. Then, the
heritage of the difficult years, following the philosophers of the
“Enlightenment”,which slowly and painfully returned to the religious landscape,
countered by a quiet but effective attack on Protestantism, led by the Bishop
of Bayonne. It must also be remembered that British Anglicans and
Presbyterians, settled in the country since the end of the Napoleonic Wars, were
much more numerous than French Protestants in the mid-19th C. An
important British group the Plymouth Brethren (Darbystes), took over a fringe
of the Free Church in 1850. J-N. DARBY,
who apparently founded his church at Pau,
preached a freer organisation, without ministers, which probably suited the
rural part of the community who had become used to this freedom during the long
period of the “Wilderness”.
The majority of Bearnese Protestants were seriously
perturbed by the rural exodus. From 1880 to 1890, 10% of them emigrated to
the Plata region in Spain,
or just to Orthez, Pau, Bordeaux
and Paris. This
drop in demography was accentuated
by later and fewer marriages. On the other hand,
urban Protestantism grew remarkably, nourished by Huguenot descendants,
Alsatians fleeing from the German occupation in 1870, converted Catholics who had been neglected,
and sick people from northern countries seeking a warmer climate. These new
communities were served by some remarkable ministers: Alphonse CADIER, vigilant
and strong-willed reviver of the Pau parish,
Emilien FROSSARD (“the Apostle of the Pyrenees”), at Tarbes and in the Pyrenean spas, Jacques
RECLUS, complex and embattled pastor of the Free Church, Felix PECAUT, who
invented lay morality and founded national education.
At the end of the day, all these divergent
tendencies were welded together and strengthened by creative activities. Many
churches were built (23 from 1813 to 1906), schools were opened at Pau, Orthez, Bellocq,
Sauveterre, Osse-en-Aspe, before the opening of State schools. From 1859
onwards, youth movements , U.C.J.G.= Boys’ Christian Union, UCJF= Girls’
Christian Union, in the country and the scout movement at Pau, dynamised the teenagers, including some
Catholics.
In a great surge of education, the review
“Protestant Béarnais” was founded in 1882, and in 1899 the Orthez minister Jean
ROTH created “Avant-Garde”, opening the way to the Christian Social movement.
Many parish libraries were created, and stayed open until 10 p.m.
The third bond was evangelical work in France and in
the mission field. 1850 saw the creation of the Bearnese Evangelical Society,
which worked among Gypsies and Jews, in Bigorre, the Landes and the Basque
Country. The Free Church worked with Aragonese immigrants living around Pau, under two ministers,
MALAN and POZZI. A special commission for Spain
helped the minister in Madrid and the missions
in Mahon and Oran. Joseph NOGARET, minister at Bayonne, took the Spanish
missionary Manuel MATAMOROS under his wing, and founded a missionary training
college in 1855. Eugene CASALIS from
Araujuzon left for Lesotho in 1832.
The beginning of the 20th C. was marked,
in December 1905, by the Act of Separation between Church and State, and
consequently the formation of religious associations. This new system was
welcomed by the Protestants, now solidly bonded, whose church buildings existed and whose
schools were no longer necessary because of the State system of education. At
the same time, evangelical work was centralised around Oloron in 1908, where
Albert CADIER and his successor Jacques DELPECH founded the French Mission in Upper Aragon.
The First World War dispersed the Anglican and
Presbyterian communities which had greatly developed in the second half of the
19th C with five Anglophone churches in Pau,
and others in Bayonne, Biarritz, Anglet and Cauterets. All
tendencies were represented, with Scottish Presbyterians being theologically
closest to French Protestants, and all the shades of Anglicanism from Low
Church to High Church and even the Oxford Movement
(Anglo-Catholics). In 1922, Christ Church in the Rue Serviez at Pau, became the property of the French
Reformed Church.
Protestant missionary activities in Spain were interrupted by the Spanish Civil War
(1936-39), but Jacques DELPECH continued his work at Geneva
and then Paris,
and members of the C.I.M.A.D.E. team were at the Gurs concentration camp,
helping to save Jews and Spanish refugees from being deported for extermination.
From 1945 onwards, Protestant churches had to face
new problems: diminishing congregations, the exodus of young adults towards
other universities, although in 1968
a university was founded in Pau. But young people were left out of
religious follow-up. At present, the
Protestant community has two different aspects, from its two sources: the
traditional Huguenot families, and newcomers, workers in the
oil industries. Retirement homes and the Saragosse District Meeting and Research Centre at Pau have been built. For
the last twenty years, this Centre has been a useful venue for cultural,
religious and political debate, serving the whole Palois population.
Finally, in order to maintain its cultural and
traditional heritage, the Protestant Community created a Study Centre in 1987
at Pau, which collects documents dating from the
16th C. onwards, and the Jeanne
d’Albret Museum
of Bearnese Protestant History at Orthez in 1995.
Traduction Marian Goué-Russell
La historiografía insiste en el origen principesco de la Reforma
en el Bearn, Navarra, Bigorry y otros territorios notables con diversos títulos
de la corona de Navarra. El papel de Margarita de Angoulême, hermana de
Francisco I, casada con Enrique de Albret, rey de Navarra es innegable que fue favorable a las ideas evangélicas. Dio apoyo a su
capellán, Gerardo Roussel, antiguo miembro del grupo de Meaux, promovido
al obispado de Oloron desde 1536 a 1555. Intentó establecer en su diócesis una
reforma pastoral y teológica confiando que una solución conciliar viniera en auxilio de una catolicidad en
apuros. Fue el autor de una misa en siete puntos, puesta en entredicho por la
facultad de Teología de Paris. Sin
embargo, al igual que su protectora nunca dejó el seno de la iglesia católica,
a pesar de las intervenciones de Calvino. Si Enrique II de Albret, muerto en
1555 no dio continuidad a las novedades religiosas, su yerno, Antonio de
Borbón, y de forma más permanente su hija Juana, se comprometieron a favor de
una reforma que la hicieron progresar al ritmo de las guerras que agitaron
Francia. El futuro Enrique IV, nacido en 1553, asistirá y participará en la
evolución religiosa de su madre. Sin embargo, conviene anotar que la
legislación religiosa se apoyó sobre un grupo de personas convencidas de las
nuevas ideas que se introducían en el Bearn, como en otras numerosas regiones,
debido a los intercambios económicos así como familiares e intelectuales.
Juana de Albret toma simbólicamente la Cena en Pau en Navidad
de 1560 y por la ordenanza de Nerac de 1561, favorece el culto reformado en sus
Estados, bajo un régimen de simultaneum. Después de la muerte de su marido en 1562, ella fue la única soberana. Los
métodos demasiado brutales de Jean Reymond-Merlin, enviado por Calvino para
ayudarle en la Reforma de sus Estados, la condujeron en 1564, cuando la paz
religiosa había llegado a Francia al final de la primera guerra francesa de
religión, a volverse hacia la corriente moderada por Juan Bautista Morely. A partir de 1566 reanuda los contactos con
Ginebra y acoge una figura emblemática de la Reforma, Pedro Viret, el célebre
reformador de Lausanne, para establecer una iglesia al estilo ginebrino en el
Bearn. En aquel entonces Juana de Albret lleva su Corte a La Rochelle con los
Coligny y Condé en el transcurso de la tercera guerra y sueña, quizás, en un
gran principado aquitano reformado. El Bearn es invadido en el mes de mayo de 1569
bajo la orden de Carlos IX por el Vizconde de Terride, que recibió el soporte
de los gentilhombres católicos berneses y navarros, descontentos de la política
religiosa de su soberano; Pedro Viret es hecho prisionero en Pau; siete
pastores son allí ejecutados. Un ejército de “socorro”, dirigido por el
vizconde de Montgomery expulsa en agosto a los ocupantes y libera la plaza
fuerte de Navarrenx, que había sido la única que había resistido. La sola
guerra de religión que conoció el Bearn dio la ocasión a Juana de Albret para
ultimar sin obstáculos su obra de reforma: el culto católico fue prohibido, los
sacerdotes son desterrados y los bienes de la iglesia confiscados para
financiar el nuevo culto. Por sus famosas ordenanzas eclesiásticas de noviembre
de 1571, Juana de Albret transforma el Bearn en principado calvinista bajo el régimen
de la Confesión de Fe de la Rochelle. Este establecimiento institucional fue
posiblemente el fruto de las reflexiones de la corte de Navarra en La
Rochelle, prefigurando las ambiciones
francesas del partido protestante antes de
que la de San Bartolomé y de la constitución de la Liga pusieran fin a
sus esperanzas. La Academia de Orthez, creada en 1567, transformada en
Universidad en 1583, dirigida, entre otros, por grandes nombres como Nicolás
des Gallars o Lambert Daneau, tuvo como finalidad formar las élites
administrativas y religiosas locales. Un sistema de Asamblea permitia dirigir
una iglesia sin obispos cuyas fronteras se corresponden con las de la
soberanía. Los bienes eclesiásticos confiscados
son administrados bajo el control del Estado para sostener el sueldo de
los pastores, el mantenimiento de los edificios y el funcionamiento de la
Academia. Si la Reforma del Bearn es de inspiración francófona, la lengua local
viene a ser el vehículo de la nueva confesión; en 1583 el pastor Arnaud de
Salette publicó en Orthez una traducción al bearnés de los Salmos, así como el
catecismo y las oraciones eclesiásticas de Ginebra. Pedro Viret murió a
principios de 1571 y Juana sucumbió en Junio del año siguiente.
A pesar de la abjuración del joven Enrique en los días de San
Bartolomé, el Bearn continuó siendo principado calvinista principalmente bajo
la regencia de su hermana, Caterina de Borbón. Sus finanzas permitieron
sostener las guerras de Enrique quien había vuelto al protestantismo en 1576.
El catolicismo sólo será restablecido puntualmente en 1599 por el edicto de
Fontainebleau, durante el edicto de Nantes. Fue preciso llegar a la unión del
Bearn con Francia impuesta por la expedición militar de Luis XIII en 1620,
cuando el catolicismo fue plenamente establecido en su culto y en sus bienes.
En los años siguientes, el Bearn, cuyos protestantes son mayoritariamente
legalistas, no participa en las guerras llamadas de M. Rohan que habían sido
desencadenadas, en parte, por estos
acontecimientos. La restitución de las iglesias que hasta entonces habían sido
utilizadas para el culto protestante, provoca una oleada, sin igual, de
construcciones de templos, realmente sobre una forma de ábside, como testimonio
a un dibujo representando al de Pau ó a los vestigios de Arthez-de-Bearn,
irremediablemente deteriorados en 1988.
Se ha hablado de fracaso de la experiencia calvinista
bearnesa. De todos modos habría que
relativizar esta expresión, ya que si un muy corto medio siglo de soporte del
Estado no ha permitido a la nueva religión implantarse de una manera duradera en
una gran parte del principado, se mantiene
mayoritariamente en el sector de Orthez y de Salies de Bearn. El fin de la independencia
desempeñó un papel sobre la religión de
las élites, ya que una parte se alió a la religión del soberano. El país, en
fin, tuvo que sufrir mucho más que en Francia y de manera ejemplar
persecuciones institucionales del reino de Luis XIV: un edicto de 1668 redujo
en el allí a veinte el número de los
lugares de culto. Este número fue reducido
a cinco en 1685; los dragones del intendente Foucault que acababa de
rendirse tristemente célebre Poitou
empujaron a las iglesias bearnesas a la conversión colectiva. Un buen número no despreciable de personas que partieron para
Inglaterra u Holanda testifican de un espíritu de resistencia.
Los primeros tiempos del Desierto fueron difíciles en el
Bearn, y las primeras asambleas cruelmente castigadas; Claudio Brousson después
de una estancia en Pau fue detenido cuando se disponía a dejar Oloron en 1698,
llevado a Montpellier donde fue apaleado
por mandato del intendente del Languedoc Lamoignon de Bâville quien le había
perseguido incansablemente. Los protestantes bearneses adoptan entonces un
perfil bajo, no seguirán la revuelta de los camisards y centrarán su
resistencia en el culto familiar, apoyado en la fuerte estructura del “ostau” pirenaico. Esta piedad, alentada
por Juan Destremau desde Holanda es mantenida por escritos que circulan bajo el
celemín, copias de sermones, de oraciones, de tratados de teología o
controversia y renovados por medio de libros enviados en los fardos de las
mercancías por los familiares refugiados
en Inglaterra.
La presencia de un predicador, de clara tendencia morava, a
finales de los años 1740 impulsó a Paul Rabaut a enviar un pastor para dirigir las iglesias del Bearn según el modelo
definido por Antoine Court a principios del siglo. Etienne Defferre, originario
de Gallarues cerca de Nîmes, llegó al Bearn en 1775 y cumplió su tarea
espectacularmente en menos de dos años: asambleas celebradas en el gran día,
celebración de bautismos y matrimonios, creación de consistorios. Será reunido
en 1757 por Pablo Journet, originario de los Cévennes, luego por Pablo Marsoô, el único pastor bearnes de
esta época. La comunidad de Orthez está muy bien señalada por una burguesía
influyente y abierta a las Luces que desempeña sus relaciones para protegerla
claramente cuando las empresas del parlamento de Navarra se hacen demasiado
acosadoras; mantiene una correspondencia fluída con la Corte de Gebelin a favor
del reconocimiento civil de los protestantes.
Sin embargo este período no deja de ser sombrío. El réveil
protestante atrae los anatemas del clero local que Impulsó a las autoridades
civiles a una represión por grandes oleadas en 1758, 1760-1762, 1766-1767. Se
llegó a un acuerdo con el intendente en el año 1767 por medio del cual los
protestantes bearneses sustituían las grandes asambleas demasiado visibles por
reuniones en las granjas. Su rápida transformación en “casas de oración” provocó
la última dragonada en 1778. Estos tiempos, ciertamente gloriosos, sin embargo
muestran una comunidad en baja demográfica, incapaz de proselitismo y contaminada
por el maltusianismo ambiente. Al fin, el protestantismo se divide entre dos
tendencias que anuncian las divergencias doctrinales del siglo siguiente. A una
corriente más urbana, inspirada por las Luces y la francmasonería, representada
por el pastor Louis-Victor Gabriac llegada en 1784, se opone una piedad más
rural, más tradicional y evangélica, encarnada por Paul Marsoo, al que se le
impedirá, además, ejercer su ministerio en 1805, con la creación del Consistorio
de Orthez.
Si el edicto de 1787 recibe una tibia acogida, la Revolución
abordada con entusiasmo, permite en Orthez la primera reedificación de un
templo en Francia, consagrado el 25 de noviembre de 1790; en la puerta, sobre
su fachada pone: “Templo consagrado al culto de los cristianos evangélicos”.
Sin embargo, en 1793 la iglesia está desorganizada, el templo transformado en
caballeriza; de nuevo los bearneses se repliegan en el culto familiar.
Napoleón I restableció el protestantismo en una libertad
legal al igual que el catolicismo y el judaísmo (Artículos Orgánicos, decreto
de Germinal An X). Los pastorees son pagados por el Estado, pero los sínodos
nacionales no existen. Así después de la clandestinidad, y del sofocamiento del
Terreur, sólo unos 5000 protestantes, aproximadamente, forman el Consistorio de
Orthez.
Lo que caracteriza el protestantismo bearnés en el siglo XIX
es, por una parte la abundancia de tendencias, por otro, el éxodo de sus
miembros y, finalmente, el resurgimiento de las “Oeuvres”. Más que en ningún
otro sitio, en el Bearn es preciso
hablar del protestantismo en plural : el del Reveill, marcado por una vuelta a
la tradición calvinista, conducido por el Vaudois Enrique Pyt en Bayona (1820),
por Santiago Reclus en Orthez (1830), por J.L. Buscarlet en Pau (1850); es la
herencia de los años difíciles marcada por las Luces que, lenta y difícilmente,
prosigue su reintegración en el paisaje religioso, contrario a un
anti-protestantismo sordo pero eficaz dirigido por el obispo de Bayona. No
olvidemos los anglicanos y los presbiterianos ingleses y escoceses, bien
implantados desde el fin de las guerras napoleónicas, y son mucho más numerosos
en medio del siglo que los protestantes franceses. Finalmente, conviene citar
el grupo darbista que viene a arañar en los flecos libristas en los años 1850.
J.N. Darby, que había fundado su iglesia en Pau, ponderaba una organización más
igualitaria, sin pastores, y que pudo seducir una parte de la comunidad que
había vivido, especialmente en el mundo rural, durante todo el periodo del Desierto.
El pueblo protestante bearnés fue perturbado, evidentemente,
en sus elementos mayoritarios por el éxodo rural. De 1880 a 1890, el 10%
emigran al país de la Plata, o, sencillamente, a Orthez, Pau, Burdeos, París.
La nupcialidad escasa y tardía, acentúa el fenómeno. Por el contrario, la
población protestante urbana conoce un renacer notable: formada por
descendientes de Hugonotes, de protestantes alsacianos venidos después de 1870,
de nuevos protestantes surgidos de una población católica abandonada, enfermos
venidos de todas partes, los pastores que la dirigen tienen una gran
personalidad: Alfonso Cadier, recreador vigilante y obstinado de la parroquia
de Pau, Emilio Frossard en Tarbes y en las estaciones termales de los Pirineos,
Santiago Reclus, pastor atormentado intransigente del grupo librista, Felix
Pécaut, inventor de una moral laica y creador de la educación nacional. De
hecho, estas son las “Oeuvres” que reagrupan y unen este pueblo protestante de
todas las tendencias confusas. Los templos aparecen de nuevo (23 de 1813 a
1906); las escuelas abren en Pau, Orthez, Bellocq, Sauveterre, Osse-en-Aspe
hasta la apertura de las escuelas laicas. Desde 1859 los movimientos de la
juventud –UCJG, UCJF, en el campo, escutismo en Pau- dinamizan a los adolescentes
(incluyendo aquí a los católicos).
Siempre con una preocupación educativa, el periódico “ Le Protestant
béarnes “ es publicado en 1882, y en 1899 el pastor de Orthez, Juan Roth crea el
Avant-Garde abriendo el camino a la tradición del cristianismo social. Las bibliotecas de las parroquias se
multiplican y abren sus puertas hasta las 10 de la noche.
El tercer frente de unidad es el de la evangelización y de
las misiones. En 1850 se crea la Sociedad de Evangelización del Bearn que
trabaja en Bigorry, en las Landas, en el País Vasco, en pro de los bohemios y
de los judíos. La iglesia Libre se interesa por los aragoneses de los
alrededores de Pau (pastores Malan y Pozzi) Una comisión especial para la
evangelización de los españoles toma bajo su responsabilidad al pastor de
Madrid, envía ayudas a las misiones de Mahón y de Orán. José Nogaret, pastor de
Bayona, toma bajo su responsabilidad el trabajo misionero de Manuel Matamoros y
crea una escuela de evangelistas españoles (1855). Eugenio Casalis, de Araujuzon,
parte, en 1832, para Lesoto.
El siglo XX se inaugura con la ley llamada de separación de
la Iglesia y el Estado (diciembre 1905) y por la formación de asociaciones
cultuales. Por una parte la acción común
de todos los protestantes en las “Oeuvres”
unió a la comunidad, y por otro lado en la medida donde lo esencial del
patrimonio cultual se construyó y donde las escuelas protestantes ya no tienen
razón de ser (con la municipalización), el régimen de asociación cultual fue
muy bien aceptado. Paralelamente, al esfuerzo de evangelización se estructura:
Oloron llega a ser el centro desde 1908, y Alberto Cadier y su sucesor Santiago
Delpech crean la Misión Francesa del Alto Aragón.
La primera guerra mundial
desorganizó la presencia anglicana y presbiteriana que se había
desarrollado considerablemente en la segunda mitad del siglo XIX y que había
marcado el espacio urbano de numerosas construcciones en Pau, Bayona, Biarritz,
Anglet y Cauterets. Todas las tendencias están representadas, los presbiterianos
escoceses más cercanos teológicamente de los protestantes franceses y todos los
matices del anglicanismo de la Low Church en la High Church e incluso el
movimiento de Oxford de los católicos ingleses. En 1922, Christ Church es adquirida por la única comunidad
francesa (iglesia de la calle Serviez en la actualidad). La Segunda guerra
mundial acaba este comienzo: St. Andrew permanece en Pau como el único lugar de
cultos. Si la actividad misionera en España fué dificultada por la Guerra Civil
(1936-39), Santiago Delpech continúa actuando en Ginebra y después en París y
por equipos de la CIMADE que trabajan en el campo de Gurs para salvar a judíos
y españoles de los campos de exterminio.
A partir de 1945 las iglesias protestantes
tienen que resolver nuevos problemas. La baja asistencia a los cultos, el éxodo
de jóvenes adultos hacia los centros universitarios (a pesar de la creación de
una universidad en 1968) no permiten un buen marco para la juventud. La
comunidad presenta en lo sucesivo un doble aspecto: A los elementos
tradicionales del fondo hugonote se mezclan elementos de paso atraídos
principalmente por el trabajo de la industria petrolera. Ella crea casas de jubilación y un centro de
encuentros y búsqueda en la Avenida Saragosse en Pau. Este, durante una
veintena de años ha sido lugar de debates culturales, religiosos, políticos,
muy fructíferos para el conjunto de la población de la capital bearnesa.
Preocupada igualmente por mantener su identidad cultural y patrimonial, creó un
centro de estudios que acogía los documentos protestantes desde el S. XVI en
Pau, en 1987, el Museo “Juana de Albret, historia del protestantismo bearnés”
en Orthez en 1995.
Traduccion Pablo García
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